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Samedi poésie:

par Benissa

publié dans POESIES

 

Matisse parle

Louis Aragon (1897 - 1982)

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Je défais dans mes mains toutes les chevelures
Le jour a les couleurs que lui donnent mes mains
Tout ce qu'enfle un soupir dans ma chambre est voilure
Et le rève durable est mon regard demain

Toute fleur d'être nue est semblable aux captives
Qui font trembler les doigts par leur seule beauté
J'attends je vois je songe et le ciel qui dérive
Est simple devant moi comme une robe ôtée

 

 

 


nubleu.jpg

 

J'explique sans les mots le pas qui fait la ronde
J'explique le pied nu qu'a le vent effacé
J'explique sans mystère un moment de ce monde
J'explique le soleil sur l'épaule pensée

J'explique un dessin noir à la fenêtre ouverte
J'explique les oiseaux les arbres les saisons
J'explique le bonheur muet des plantes vertes
J'explique le silence habité des maisons

 

 

 

 

 


Image-1.png

 

 

J'explique infiniment l'ombre et la transparence
J'explique le toucher des femmes leur éclat
J'explique un firmament d'objets par différence
J'explique les rapports des choses que voilà

J'explique le parfum des formes passagères
J'explique ce qui fait chanter le papier blanc
J'explique ce qui qu'une feuille est légère
Et les branches qui sont des bras un peu plus lents


 


Je rends à la lumière un tribut de justice
Immobile au milieu des malheurs de ce temps
Je peins l'espoir des yeux afin qu'henry Matisse
Témoigne à l'avenir ce que l'homme en attend.

1947

matisse9.jpg

 

 

 

 

 

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eva 22/08/2011 08:18



J'adore les deux : Matisse et Aragon !



Françoise , la Vieille Marmotte 22/03/2011 01:18



Bénissa, il faut que je te dise : JE   ME   RE-GA-LE : une vraie gourmandise ! J'aime les mots, j'aime les couleurs et les formes, j'aime les sons, (musique qui accompagne) et
comme ils se répondent (on le sait depuis que BEAUDELAIRE nous l'a fait joliment remarquer) , je savoure . Mais, il y a un mais ... lorsque je rencontre quelqu'un qui me sert ces CORRESPONDANCES
sur un plateau, je deviens flemmarde, mais flemmarde que c'est rien de le dire ! .... Tu connais qui disait "Mardi c'est raviolis" toi tu dis : "Samedi c'est poésie" et moi je dis : j'ai plus
rien à dire .....



Soliane 12/07/2010 18:18



Un magnifique article où les mots et les couleurs se répondent.


 



JACQUELINE/Mina 11/07/2010 10:42



Musique des mots et musique chère à mon coeur...


un petit instant de bonheur....merci!



Benissa 11/07/2010 23:44



Je ne connaissais pas ce poème! une fois découvert, je le partage aussitôt avec vous tous!



mediadisc 11/07/2010 01:05



Bel hommage à ce grand surréaliste qui rend hommage à un grand peintre...merci!



Benissa 12/07/2010 00:03



J'ai immédiatement été touchée par ce poème, avant hier lorsque je suis tombée dessus. découverte partagée aussitôt. Tant mieux si il te plaît aussi!