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Présent? de Jeanne Benameur

par Benissa

publié dans LECTURE

 

Image 5C'est parce que j'ai lu des extraits de Jeanne Benameur sur le blog de Dalinele, que j'ai eu envie de lire un de ses livres.

Il n'y avait que celui-ci à la bibliothèque alors va pour celui-ci!


Encore un livre sur l'éducation nationale et ses problèmes...(l'auteur a été enseignante).

Encore un livre sur un établissement difficile d'une banlieue  défavorisée,  sur le sempiternel manque de moyens, sur les élèves à problèmes, sur la déprime des profs...

Encore un livre qui de toutes les façons ne proposera pas de solution...

Oui, il y a un peu de tout çà, mais ce n'est pas le principal... il y a surtout des êtres humains, dont l'auteur dresse les portraits, à petites touches, nous permettant des les connaître et de les apprécier de mieux en mieux, qui font ce qu'ils peuvent et finalement, cela nous réconcilierait presque avec l'école.

 

Il y a le factotum, mémoire de l'établissement, la prof principale véritable peau de vache la prof de SVT qui est au fond de la déprime loin de son amoureux et de sa Bretagne natale... 

 

Et puis il y a le prof de français, qui un jour décide de lire à ses élèves la lettre au père de Kafka, au lieu du cours habituel et les élèves captivés ce jour là écoutent sans broncher. Il est heureux le prof de faire comprendre à ses élèves que : "Le texte est là pour çà. La littérature est là pour çà. Pas seulement pour étalonner les connaissances des uns et des autres. Mais pour leur permettre cet acte unique chez les vivants: créer des images dans leur tête. Dans cette liberté immense qui a permis de survivre à tant et tant d’humains privés de la liberté du corps. Et ce n’est pas pour rien que le premier geste des dictateurs est toujours de surveiller la lecture."

 

 Il y a la documentaliste qui organise dans le cadre de la bibliothèque, des ateliers d'écriture que certains élèves et non les meilleurs fréquentent assidûment ..."Elle dit la confiance que l’on peut avoir dans une langue. On y entre. On s’y installe. On est le bienvenu. Quand on aura trouvé ce que l’on a à dire, alors on utilisera les dictionnaires et tous les outils pour aller plus loin, c’est-à-dire au plus près de soi.En allant au plus profond de soi, on trouve où sont les autres. Parce que nous sommes des semblables. Et une langue, c’est ce qui permet le liens avec tous les autres."


 Il y a le conseiller d'orientation qui décide de ne pas laisser se jouer l'avenir de ces jeunes sans intervenir en faveur de ceux chez qui il sent du potentiel : "Les rêves de tous ces jeunes êtres, qu’est ce qu’on en fait?

Un rêve c’est une force, il le sait.

Avec le force des rêves on va. Et si on n'atteint pas le rêve, cela n’a pas d’importance parce qu’on a quand même fait du chemin et en chemin on rencontre, parfois on se rencontre soi-même et c’est çà oeuvrer pour vivre...

... Ne soyons pas raisonnable. Surtout pas. Quand il s’agit de choisir pour quoi on va se lever chaque matin, il ne faut pas être raisonnable, il faut être un vrai rêveur de sa vie. Et son rôle à lui, c’est d’aider le rêve, voilà.

Il faut dépoussiérer le rêve. Il faut le voir, le contempler, en aimer la forme. C’est cela penser sa vie et rien d’autre.C’est avec çà qu’on a la force pour aller vers les examens, les concours, les portes blindées."

 

Et parmi les élèves, des durs, des bagarreurs, des bons élèves et d'autres peu doués pour les études mais qui ont des talents immenses mais insoupçonnés  comme cette jeune fille qui dessine avec tant de coeur, d'intelligence et de finesse. En fin d'année, elle, la rêveuse, s'aperçoit que son délégué de classe n'a d'yeux que pour elle et lui rend enffin son amour. Elle me fait beaucoup penser à la jeune fille que j'ét.... que je suis restée: "C'est comme si elle avait toujours su que ce serait  pour le corps comme pour le dessin: total. Son corps, personne ne l'a touché. Elle ne rêve pas qu'un garçon lui caresse les seins, les cuisses. Elle rêve de pouvoir être nue et aimée toute entière. Jamais elle ne se donnera au détail comme font toutes les filles qu'elle connaît. Ce sera tout, d'une seule fois... Elle a toujours su que l'amour c'était pouvoir être nue et protégée du seul regard de celui qu'on aime".

 

Bon, vous avez compris, j'ai beaucoup aimé.

 

 

 

 

 

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apsara 02/02/2011 11:04



Magnifiquement dépeint ce roman;il faut que je le lise aussi!que de qualités chez toi!


Bell matinée



mediadisc 02/02/2011 01:27



Ce n'est pas trop mon style de lecture mais bravo quand même pour ta critique!



Benissa 03/02/2011 00:21



Au premier abord je ne l'aurais pas lu non plus... à cause du sujet, il y a déjà eu tant de livres sur le sujet. Finalement j'ai beaucoup aimé le style de J. Benameur.



mediadisc 02/02/2011 01:26



Je crois que dans le futur, les professeurs seront uniquement là pour apprendre aux enfants le goût d'étudier, les ordinateurs et robots feront le
reste. Le professeur sera un guide, de temps en temps il y aura des contrôles pour évaluer la connaissance des élèves. Il y aura un professeur pour une centaine d'élèves!



Benissa 03/02/2011 00:25



Ce n'est pas demain la veille! immobilisme quand tu nous tiens! cela rejoint l'idée de la modernité. Avec les moyens que nous avons aujourd'hui, les bons élèves, les sérieux, ceux qui travaillent
devraient pouvoir le faire à la maison... avec internet! Cela désengorgerait les classes, les élèves seraient moins nombreux et les profs pourraient s'occuper davantage de ceux qui en besoin...
et les bons élèvent ne seraient pas retardés et perturbés par les autres. Quant on voit l'argent consacré à L'éducation nationale... pour les résultats...



dalinele 01/02/2011 18:45



c'est bien ce que j'ai apprécié! j'ai partagé ce sentiment, et je n'ai pas pris le livre! bon, depuis, je suis allée à une bibli de quartier, où il n'était pas, mais il y avait "laver les
ombres"... pour l'instant je lis un "feuilleton" d'Hermès en 100 épisodes : la mythologie accessible même aux enfants...lol... mais comme j'ai travaillé sur ce dieu quand je "faisais" du conte,
ça m'intéresse. j'ai aussi pris d'autres livres, dont un plus pictural... j'en parlerai certainement!



dalinele 01/02/2011 09:16



j'étais arrêtée par ce que tu dis en préambule, ce que tu en retiens ensuite peut me donner envie de le lire, je crois que je vais l'emprunter.



Benissa 01/02/2011 09:36



Je l'ai dit tel que je l'ai ressenti... ou plutôt craint. J'ai été honnête.... jusqu'au bout puisque j'ai dit que j'ai aimé. C'est chouette si tu le lis, on pourra confronter... et si tu n'aimais
pas? ... m'étonnerait!