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Poésie Valencienne: Les Amants - Joan FUSTER

par Benissa

publié dans POESIES

Puisque nous sommes arrivés à Valence, voici un poème d'un auteur né dans la région. Joan Fuster a vécu, étudié et enseigné à l'université de Valence.


No había en Valencia dos amantes como nosotros.

Ferozmente nos amábamos de la mañana a la noche.
Lo recuerdo todo mientras tiendes la ropa.
Han pasado años, muchos años; han pasado muchas cosas.
De pronto aún me atrapa aquel viento o el amor
y rodamos por el suelo entre abrazos y besos.
No comprendemos el amor como una costumbre amable,
como una costumbre pacífica de cumplidos y telas
(y que nos perdone el casto señor López-Picó).
Se despierta, de pronto, como un viejo huracán,
y nos tumba a los dos en el suelo, nos junta, nos empuja.
Yo deseaba, a veces, un amor educado
y el tocadiscos en marcha, negligentemente besándote,
ahora un hombro y después el lóbulo de una oreja.
Nuestro amor es un amor brusco y salvaje,
y tenemos la añoranza amarga de la tierra,
de andar a revolcones entre besos y arañazos.
¡Qué queréis que haga! Elemental, ya lo sé.
Ignoramos a Petrarca e ignoramos muchas cosas.
Las Estancias de Riba y las Rimas de Bécquer.
Después, tumbados en el suelo de cualquier manera,
comprendemos que somos unos bárbaros, y que esto no puede ser,
que no estamos en la edad, y todo esto y aquello.

No había en Valencia dos amantes como nosotros,
porque amantes como nosotros se han parido muy pocos.

 

Il n'y avait pas à Valence deux amants comme nous.

Nous nous aimions férocement du matin au soir.
Je me souviens de tout cela pendant que tu étends le linge.
Des années ont passé, beaucoup d’années; il s’est passé beaucoup de choses.
Soudain aujourd’hui encore le vent de jadis ou l’amour m’envahissent
et nous roulons par terre dans l’étreinte et les baisers.
Nous n’entendons pas l’amour comme une coutume aimable,
comme une habitude pacifique faite d’obligations et de beau linge
( et que le chaste M. López-Picó nous en excuse ).
Il s'éveille en nous, soudain, comme un vieil ouragan,
et il nous fait tomber tous deux par terre, nous rapproche, nous pousse.
Je souhaitais, parfois, un amour bien poli
et le tourne-disques en marche, et moi qui t’embrasse négligemment,
d’abord l’épaule et ensuite le lobe d’une oreille.
Notre amour est un amour brusque et sauvage,
et nous avons la nostalgie amère de la terre,
de nous rouler dans les baisers et les coups d’ongles.
Que voulez-vous que j’y fasse. Elémentaire, je sais.
Nous ignorons Petrarque et nous ignorons beaucoup de choses.
Les Estances de Riba et les Rimas de Becquer.
Après affalés par terre n’importe comment,
nous comprenons que nous sommes des barbares, et que ce ne sont pas des manières,
que nous n’avons plus l’âge, et ceci et cela.

Il n’y avait pas à Valence deux amants comme nous,
Car des amants comme nous on n’en fait pas tous les jours.

Traduction Amado Calvo i Ramon

Les Amants, René MAGRITTE

National Gallery of Australia

© Rene Magritte. Licensed by ADAGP & VISCOPY, Australia

Poésie Valencienne: les Amants - Joan Fuster

 

 

Commenter cet article

eva 19/02/2012 00:23


ah oui ! en effet ! c'est l'amour-passion ! et les amants de Magritte en ont les draps par-dessus la tête !

Benissa 19/02/2012 22:07



Ton commentaire m'amuse beaucoup, il est plein d'esprit! Merci.



Aude Terrienne :0091: 18/02/2012 17:41


Bonjour!


Je n'aime pas du tout ce genre de tableaux, mais le poème lui me plaît.


Bisous

Benissa 18/02/2012 21:56



Je comprends que tu n'aimes pas: il fait un drôle d'effet, à la fois mystérieux et dérangeant...



Alhemax 18/02/2012 17:26


Un très beau poème. Bizzzzzzzzzzzz