La fontaine pétrifiante des grottes du Pérou de Saint-Alyre

par Benissa

publié dans CARTES POSTALES

Fontainepetrifiante.jpg

Je suis restée bien perplexe lorsque j'ai reçu cette carte de Dalinele.

Les petits éléphants m'ont immédiatement sauté aux yeux, mais c'était quoi ces étagères? Le libellé au dos de la carte m'a mise sur la voie mais sans me donner d'explications... Et hop, sur le net: Fontaine pétrifiante des Grottes du Pérou de Saint Alyre. (peïrou signifie pierre, dans la région... rien à voir avec le pays des Incas)

C'est près de Clermont-Ferrand que se situe cette grande Fontaine pétrifiante. Les sources volcaniques de la région produisent une eau très riche en carbonate de calcium, de ces eaux qui patiemment construisent les stalactites et les stalagmites que nous admirons dans les grottes. (Le carbonate de calcium est le principal composant du calcaire. Les eaux souterraines sont plus riches en gaz carbonique dissous que l’eau de pluie. L’agitation due à une cascade ou au jaillissement d’une source associée à la richesse en CO2 permet la dissolution du calcaire en carbonate qui va déposer un film minéral sur les objets avec lesquels il entre en contact.)

Dans la région, l'homme a vite compris le parti à tirer de cette qualité de l'eau et a pensé à  recouvrir des objets avec le calcaire qui entre dans sa composition afin de faire de ces objets, statuettes, bas reliefs, de vraies petites oeuvres d'art. Un véritable métier d'art est ainsi né et une technique a été élaborée pour faire passer le dépôt grossier et peu harmonieux à une finition précise et artistique, c'est l'incrustation sur moulage. L'eau est filtrée et les objets disposés sur des "échelles", d'abord en bas où l'eau dépose moins calcaire puis on les remonte au fur et à mesure...

Voici ce que l'on peut lire sur le site de la ville de Clermont -Ferrand:

111.jpg"Au début, on procédait au recouvrement des objets par quelques millimètres de calcaire. La seule intervention consistait à les retourner régulièrement pour obtenir un dépôt uniforme. Des animaux naturalisés furent également pétrifiés puis des mannequins habillés de costumes locaux (que l’on peut voir encore sur la pelouse de l’établissement).

Au début du XIXe siècle, une nouvelle méthode de travail, beaucoup plus complexe, commence : l’incrustation sur moulage, qui consiste à obtenir un dépôt très fin et extrêmement régulier sur un moule qui fut d’abord en soufre puis en gutta-percha (une gomme végétale naturelle), réalisé à partir d’un original en cuivre.


13.jpgLa méthode s’est perfectionnée au fil des ans jusqu’à obtenir des bas-reliefs quasiment translucides, d’une couleur proche de celle de l’ivoire. Cette teinte est donnée par l’oxyde de fer contenu dans l’eau que l’on épure plus ou moins, selon le résultat désiré, en la faisant circuler dans des canaux remplis de copeaux de bois.


78.jpgCe savoir-faire acquis au cours des deux siècles précédents continue à produire des tableaux traditionnels, illustrant pour la plupart des scènes de la vie paysanne. Il s’est mis au service aussi de la création contemporaine. Des artistes, issus notamment de l’Ecole des Beaux-arts, se sont intéressés à la richesse des possibilités offertes par ce phénomène naturel, pour élaborer des œuvres personnelles et originales dans le monde de l’art d’aujourd’hui."

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      Photos "Fontaines pétrifiantes de St Nectaire"


 

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Commenter cet article

dacaio 02/08/2010



coucou bénissa ... vraiment intéressant cet article !!! oh! il faut que je vois çà !!!  et comme c'est pas loin de chez moi, je vais le noter pour un prochain week-end !!! j'adore les objets
réalisés .... le "camée" surtout !! mdr bisous bonne aprèm je file au taf



apsara 02/08/2010



Mais c'est tout simplement magnifique!Vraiment des résultats surprenants!j'ignorais tout de cet endroit;merci benissa!le deuxième tableau est splendide!



mediadisc 03/08/2010



Divin! (jolie ziq aussi)



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