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Adieu - Alphonse de Lamartine

par Benissa

publié dans POESIES

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Les adieux de Télémaque et Eucharis

Jacques-Louis DAVID (1818)

Huile sur toile 

Getty Museum, Los Angeles

Adieu

Oui, j'ai quitté ce port tranquille,
Ce port si longtemps appelé,
Où loin des ennuis de la ville,
Dans un loisir doux et facile,
Sans bruit mes jours auraient coulé.
J'ai quitté l'obscure vallée,
Le toit champêtre d'un ami ;
Loin des bocages de Bissy,
Ma muse, à regret exilée,
S'éloigne triste et désolée
Du séjour qu'elle avait choisi.
Nous n'irons plus dans les prairies,
Au premier rayon du matin,
Egarer, d'un pas incertain,
Nos poétiques rêveries.
Nous ne verrons plus le soleil,
Du haut des cimes d'Italie
Précipitant son char vermeil,
Semblable au père de la vie,
Rendre à la nature assoupie
Le premier éclat du réveil.
Nous ne goûterons plus votre ombre,
Vieux pins, l'honneur de ces forêts,
Vous n'entendrez plus nos secrets ;
Sous cette grotte humide et sombre
Nous ne chercherons plus le frais,
Et le soir, au temple rustique,
Quand la cloche mélancolique
Appellera tout le hameau,
Nous n'irons plus, à la prière,
Nous courber sur la simple pierre
Qui couvre un rustique tombeau.
Adieu, vallons; adieu, bocages ;
Lac azuré, rochers sauvages,
Bois touffus, tranquille séjour,
Séjour des heureux et des sages,
Je vous ai quittés sans retour.

Suite du poème ICI

 

Alphonse Lamartine (1790 - 1869)

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Angela233 05/11/2014 13:37

Excusez moi, pourriez vous m'expliquer ce poème ?
Merci

apsara 15/12/2011 18:41


un beau poéme mais la musique me séduit encore plus!


bonne soirée benissa

agathe 13/12/2011 00:16


C'est curieux jusqu'à présent partir , ne me déangeait pas et puis là tout à coup , partir d'ici m'angoisse, ce n'est pas normal, c'est contraire à moi


tout est beau le tableau , le texte, la musique


belle journée Bénissa

dalinele 12/12/2011 15:38


Quand mes cheveux auront blanchi,
Je reviendrai du vieux Bissy
Visiter le toit solitaire
Où le ciel me garde un ami.
Dans quelque retraite profonde,
Sous les arbres par lui plantés,
Nous verrons couler comme l'onde
La fin de nos jours agités.
Là, sans crainte et sans espérance,
Sur notre orageuse existence,
Ramenés par le souvenir,
Jetant nos regards en arrière,
Nous mesurerons la carrière,
Qu'il aura fallu parcourir



dacaio 11/12/2011 19:59


bonsoir Benissa  - je trouve que sur ce tableau, Télémaque a presque un visage de fille .... et en plus,  il a l'air defaire la moue ... Agacé par cette jolie brunette, tu crois ????
hihihihihi


bisous et bonne soirée